Chansons françaises, originales, poétiques et engagées.
Musique
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La Chanson du cafard
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Ça grouille, ça gratte, ça me démange,
Il fouille, ses pattes, il me dérange,
Mes jours, mes nuits, il me les mange !
J’ai bien tenté de le renier, de l’étouffer, de le surprendre,
Mais au fin fond de mon grenier
Il se faufile sans se faire prendre,
Bien plus agile qu’une araignée !
Il s’carapatte quand je m’approche
Avec ma pauvre lampe de poche,
Comme un acrobate au rideau des idées noires…
Et à me voir fouiller la nuit,
Tantôt me fuit, tantôt me suit :
Car derrière mon miroir
J’crois bien que j’l’entends qui se marre
Mon pt’it cafard, mon vieux cafard.
Il s’et pointé un beau matin,
J’lai aperçu dans le recoin
D’un vieil album, jauni par le temps.
Il n’était encore qu’un gamin
Et moi j’avais juste vingt ans,
J’écoutais Brel et Jack Higelin,
J’aimais Renaud et Boris Vian…
(Et Kafka aussi quand même).
Il a sauté sur mon épaule,
Avec sa tête de guignol,
A susurré dans mon oreille
Monts et merveilles !
Merci pour la révélation, t’es vraiment trop chou mon pt’it bourdon,
Mais pour ce genre d’histoires
Vaut pt’être mieux jamais que trop tard
Mon pt’it cafard, mon vieux cafard.
Dés lors il ne m’a plus quitté,
A pris mon bide pour oreiller
Et pour baignoire mon cendrier,
C’est tout de même un comble
D’avoir pour coloc ce cafard
Qui m’dit : « Ne rentre pas trop tard,
Car je t’attends sur le divan, impatiemment ! »
(« Et méfie-toi des gens ! »)
A force de grignoter ma vie,
De se nourrir d’mes illusions,
D’un pt’it sentiment d’abandon,
Il a grossi !
Dans un délire d’reconnaissance
Il a chassé tous mes amis
Et il boit à outrance !
J’avoue qu’c’est un sacré soiffard
Que ce cafard, maudit cafard !
Mais si je t’en parle aujourd’hui,
C’est qu’j’ai décidé qu’cette nuit
Serait la fin de mon cauchemar !
J’vais m’l’attraper, le défoncer,
Le démembrer, l’écarteler
Et l’écraser sous ma guitare,
Adieu cafard !
Mais pourquoi en disant ces mots
Entends-je en moi comme un écho ?
Une légère brise ride l’eau de l’étang…
J’y suis, ça y est, j’ai quarante ans…
Enfin peinard, calme et serein :
Une omelette au lard d’un dimanche matin.
Un homme heureux et sans histoire…
Mais pourquoi j’l’entends qui se marre mon pt’it cafard ?
Mon vieux cafard !
Sacré lascar !
T’es jamais mort,
Moi j’en marre,
J’ai le cafaaaaaaaaaaard !!!!!
Je te trimballe
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Je te trimballe, je me sens mal,
De tout mon être et tout le temps.
Y a qu’avec toi que j’me dévoile,
Toi qui me crois même quand je mens,
Faudrait qu’on cesse de s’engueuler,
D’être figé sur nos rancoeurs,
J’ai tant rêvé, t’as tant pleuré,
A fuir l’instant où l’on s’effleure.
Je te trimballe, c’est un mystère
Qu’aimer encore ce double jeu
Quand tu me renvoies, de bonne guerre,
Tout ce à quoi je fous le feu !
Tu sais comme ma colère est vaine
A trop vouloir fermer tes yeux,
Je te trimballe, même si je saigne
De ne pouvoir te dire adieu…
Je te trimballe dans les déserts,
Sur les sommets, dans les courants,
Les fleuves ont perdu leur repère
A couler sous ton firmament…
J’aimerais enfin me défaire
De nos étendues de tourments,
Apprendre à ne plus taire ni nos guerres ni
Nos cœurs d’errants…
Je te trimballe, tu me dévoiles
Comme un horizon en passant
Notre avenir est un dédale
Où l’on se perd passionnément…
Dans nos étreintes ou sous l’orage
Nous oublier dans les bruits blancs,
Et dans nos jeux d’enfants
Jouer à ceux
Qui n’ont plus d’âge…
Je te trimballe le long des heures
Et du temps qui nous fait défaut,
Le vent a ramassé les pleurs
Que l’on semait au fil de l’eau…
Dans les forêts sombres où l’on veille
Le silence de nos mots,
Les chasseurs de sommeil, ce soir ne viendront pas d’si tôt,
Dans les forêts sombres où l’on veille
Sans l’once d’un repos
Les chasseurs de sommeil, ce soir, désertent leur tombeau !
Icare 2.0
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Je suis l’ombre d’un ange dans le ciel azuré…
Je ne touche plus terre, j’ai quitté mon dédale
Et ce père qui, pourtant, a voulu m’éloigner
De ce désir humain d’être plus qu’animal…
Moi je monte et je vole, je m’élève par degrés,
Propulseurs ioniques, casque et plumes en titane,
Je domine le ciel, moi, l’espèce sacrée,
Grisé par ce soleil, loin des lignes médianes…
Sur moi, tous les écrans se sont braqués :
Je suis la figure de l’homme libre, l’insaisissable !
La flèche humaine, aux bras arqués,
Un Dieu vivant à l’énergie inépuisable !
Et je monte, je monte vers ce cercle diapré…
Ma soif est grande : le réchauffement inévitable…
Je suis addicte au zèle du progrès
Et je ne fais l’économie d’aucune fable…
Soudain sous l’atmosphère
Mes moteurs s’arrêtent…
Les voyants sont au rouge…
Mon corps s’arque-boute
Et mes yeux en déroute
Versent face au soleil des larmes de sang…
Homme-oiseau prisonnier d’une invisible serre,
De douleur irradié, je pique vers la mer,
Je pique vers ma mort, en implorant mon père,
Ainsi qu’un météore, je hurle, flambe et descend !
Et dans ma chute folle
Tous les vents se déchaînent !
Dans l’œil d’un cyclone, aveugle qui m’entraîne,
Grossissent autour de moi ouragans et typhons !
Les forêts brûlent sous l’incendie !
Tombent en cendres les colibris !
Ours blancs, rhino noirs, cobras, tigres et tortues
Tous nos corps en flamme
Sur l’océan se ruent !
C’est l’instant du grand blâme
De l’homme sans vertu.
L’Alaska fond en larmes
Et les tsunamis tuent !
Et moi, petit Icare du XXIème siècle
Grand rapace à l’effet papillon,
Je descends dans l’eau noire
Raide comme un insecte
Hanté d’une ultime vision :
Dans le brouillard, mon paternel
Repêche le corps de l’enfant frêle
Pour le ramener à la maison,
Pleurer la mort de la raison…
Alice
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Salut, j’ m’appelle Alice, je viens d’avoir 15 ans
J’ai cliqué tout le jour,
Collée contre l’écran.
Sur mes réseaux sans fin
Je traque les followers
Hashtag le lapin blanc…
J’suis claquée sans rien faire
Et j’dors pas pour autant.
J’écoute plus ma daronne,
Qui voudrait, pauvre conne,
Que je sorte plus souvent.
Mais l’pays des merveilles
C’est plus vraiment comme avant…maman…
A noël, le bleu du ciel
A comme un goût de fiel
Y a toujours ce soupçon :
L’épée de Damoclès
Plane sans cesse
Sur cette
Putain d’espèce…
Refrain : Allez sauve-toi, Alice…
Allez sauve-toi, Alice…
Alors comme une autruche
En plein déluge,
Je plonge ma tête dans mon portable,
Pour fuir ce monde insupportable…
En PLS, dans ma toile de lumière
Je papillonne, tout comme toi ma mère…
Ou trop pt’ite ou trop grande
Dans la descente
Je perds le sens
Et la décence
Et la distance aussi
Je crame mes ailes
D’adolescente…
Refrain : Allez sauve-toi, Alice…
Allez sauve-toi, Alice…
Allez sauve-toi, Alice !
Tire-toi d’là !
Aie du cran !
Sors de l’écran !
Bouge-toi !
Protège-toi !
Echappe-toi,
Laisse couler le temps d’un regard,
Ecoute le vent…
Tout autour de toi cherche la beauté
Ce présent…
Auteur-compositeur-interprète • Chant, guitare et percussions
J’ai commencé à écrire des poèmes lorsque j’avais 10 ans environ et j’ai accumulé depuis un nombre important de petits carnets que je relis parfois avec tendresse. Mon amour pour la chanson française, pour la littérature et la philosophie aussi, ma colère contre les dérives de ce monde, ont toujours nourri mes textes.
Mes poèmes sont devenus des chansons vers mes 20 ans : j’ai intégré des groupes de rock pour lesquels j’écrivais des paroles tout en étant batteur du groupe (j’ai suivi des cours de batterie dans différentes écoles comme l’école de jazz ARPEJ à Paris 10 ou l’école de batterie NGT à Aix-en-Provence). Je n’étais pas encore chanteur principal, mais je faisais des choeurs derrière ma batterie. J’ai pris à cette époque des cours de chant aussi à l’école « Sing » d’Aix-les Milles, ce qui m’a permis d’apprendre à placer ma voix, à sentir et connaître les résonateurs, à respirer... Je composais aussi déjà des bases musicales et rythmiques ainsi que des mélodies vocales à partir de mes textes, en m’accompagnant d’une guitare sèche. Et puis peu à peu le besoin d’interpréter mes propres textes s’est développé et après notre séparation avec le groupe de rock français Madiane, j’ai décidé de chanter mes propres chansons. J’ai proposé à mon amie et voisine Véronique Rivière de m’accompagner au piano dans ce projet, elle a accepté, je l’en remercie d’ailleurs infiniment...et Balbuzards a commencé peu à peu à éclore...
Après 6 mois de travail piano-chant, Cédric nous a rejoint avec sa contrebasse. Le feeling est tout de suite passé, l’amitié est née !
Un peu plus tard, j’ai rencontré Grig, qui jouait dans la rue, sur la place du palais de justice d’Aix-en-Provence. J’ai été charmé par son jeu et de guitare, par la beauté du son...je l’ai abordé. Etant ukrainien, il parlait à peine le français. Je l’ai invité à boire un verre et on a discuté grâce aux traducteurs sur les téléphones. J’ai été impressionné par son expérience musicale, triste de le voir réduit à jouer dans la rue, séduit par sa douceur, son sourire. Et la musique a fait le reste...
Véronique
Piano & Chant
La musique m’a entourée dès mon plus jeune âge, d’abord la chanson française entonnée en chœur autour d’une bonne guitare, puis la musique classique.
Enfant j’ai voulu me former au piano par la voie du classique, à l’adolescence j’ai été aimantée par le chant lyrique. De belles années de formation au conservatoire m’ont permis de développer un répertoire que j’affectionne particulièrement (Mozart, Schubert, Strauss…mais aussi Bach, Vivaldi, Purcell…).
Depuis je chante régulièrement en concert sous format de musique de chambre (avec piano, violon, quatuor de violoncelles) ou avec orchestre. Parallèlement j’ai continué à pratiquer le piano.
Voulant explorer d’autres répertoires, j’ai récemment intégré un ensemble de musique arabo-andalouse, chantant ainsi en polyphonie autour de Françoise Atlan.
La proposition d’Adrien de travailler de concert à la mise en musique et arrangement de ses textes, ainsi qu’à leur interprétation m’a séduite : ce cheminement musical différent, notamment dans la co-création, confère un degré de liberté autre, très stimulant.
Le croisement de nos expériences respectives de musique acoustique et amplifiée le sont également.
Grigori Loukanenko
Guitare
Je m’appelle Grigori Loukanenko, je suis ukrainien. J’ai fui la guerre et suis arrivé avec ma famille en France, il y a 4 ans. En Ukraine j’étais guitariste professionnel, auteur-compositeur de guitare classique.
J’ai présenté mes compositions dans de nombreux concerts, j’ai été guitariste du groupe de blues-rock progressif « Ruthénia » qui tourne encore et ai aussi participé à des arrangements pour d’autres groupes de rock ou de musique folklorique ukrainienne. J’ai créé des musiques de films et de théâtre, de contes aussi avec le célèbre Lirnyk Sashko ainsi que des chansons pour enfants.
Parallèlement à cela, j’étais enseignant de guitare classique, électrique et basse dans des écoles de musique à Kiev ou au Conservatoire d’État de Lviv.
J’ai également organisé et dirigé pendant 10 ans un festival de chansons et j’ai pu ouvrir mon studio d’enregistrement à Kiev, au sein duquel j’ai enregistré et arrangé une cinquantaine d’albums, dont un disque pour guitares classiques « Seasons ».
Je suis venu à la musique sur le tard, lorsqu’une contrebasse m’est tombée dessus par surprise (c’est volumineux, mais heureusement pas trop lourd…). Après de nombreuses heures d’apprentissage, j’ai rejoint le très chaleureux trio Frosted Chords (chant, guitare et contrebasse). Ensemble, nous avons traversé confinements et couvre-feux, vécu mes débuts au sein d’un groupe et partagé de belles escapades entre musique et nature.
Puis Balbuzards est arrivé : d’abord comme une histoire d’amour née sur un site de rencontre (pour musiciens) et poursuivie autour de quelques verres (de rhum) lors de notre premier rendez-vous.
Cette rencontre s’est ensuite transformée en une belle amitié, riche de partages et d’émotions, sur scène comme lors de nos aventures moins musicales, dans la neige poudreuse ou au fond d’un bain nordique.
À leurs côtés, je continue de grandir, musicalement et humainement. Merci à ce groupe, merci les amis.
Un grand merci à :
Loan Bassi pour la batterie sur les enregistrements et sa participation à nos concerts ! Olivier Reyre du studio Onde Source (Marseille 11) pour les prises de son, enregistrements et mixages. Lionel de L’Estudio de La Ciotat pour les mastering. Anthony Bataillard pour le clip sur « la chanson du cafard » et les autres à venir (autoprod « Chimères » - images et montages). Serge Mercier, photographe. Ashka pour les adaptations de nos textes en BD. Emilie Gilbert pour les illustrations. Notre public, familles et amis pour votre présence à nos côtés et aux concerts de « Balbuzards » ! A bientôt !
Pourquoi "Balbuzards" ?
On s’appelle « Balbuzards » car comme cet oiseau on aime foncer certains soirs en piquet chez les Rivière (Véronique), pour pêcher des chansons nouvelles dans des rivières de mélodies, en sifflant des vers jusqu’à très très tard ! On s’envole, loin de tout ! On rit, on balbuze C’est l’joyeux bazar, le monde à l’envers ! Un bal bizarre où l’on chasse le blizzard de nos têtes de buses, de nos têtes de « balbuzards » !
A propos de balbuzard... Avez-vous cliqué sur notre logo ? Une surprise vous attend !
A la beauté du Vivant !
Bonne écoute et au plaisir de vous voir à nos prochains concerts !
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